
Le cancer de l’anus est une maladie peu fréquente qui touche le canal anal ou la marge anale. Il peut provoquer des manifestations proches de celles d’affections bénignes, telles que les hémorroïdes ou une fissure anale. Les symptômes du cancer de l’anus doivent donc être évalués lorsqu’ils persistent, se répètent ou évoluent. Un examen médical précoce permet souvent d’identifier une cause non cancéreuse et, plus rarement, d’orienter rapidement vers des examens complémentaires. La plupart des cancers anaux sont liés à une infection persistante par certains types de papillomavirus humains.
En bref
- Le saignement anal est le symptôme le plus souvent rapporté, mais il peut aussi être dû à des hémorroïdes ou à une fissure.
- La présence de sang rouge dans les selles, d’une douleur persistante ou d’une grosseur justifie un avis médical.
- Le dépistage du cancer de l’anus ne concerne pas l’ensemble de la population, mais un suivi ciblé peut être proposé aux personnes les plus exposées.
- L’examen clinique comprend souvent un examen de la région anale et un toucher rectal.
- Une biopsie est indispensable pour établir avec certitude la nature cancéreuse d’une lésion.
Quels sont les premiers symptômes du cancer de l’anus ?
Le symptôme le plus fréquent est un saignement survenant lors ou après les selles. Il peut laisser des traces sur le papier toilette ou colorer l’eau des toilettes. Une rectorragie, terme médical désignant l’émission de sang rouge par l’anus, n’indique pas automatiquement un cancer.
D’autres signes peuvent apparaître progressivement. Une douleur ou gêne anale persistante peut prendre la forme d’une brûlure, d’une sensation de pression ou d’un inconfort au moment de la défécation. Des démangeaisons anales durables, appelées prurit anal, ainsi qu’un écoulement de mucus peuvent aussi être observés.
Une masse près de l’anus peut être ressentie par la personne ou détectée à l’examen. Elle peut correspondre à une lésion bénigne, mais son évolution doit être vérifiée. Le médecin recherche aussi une ulcération, une zone dure ou une excroissance en volcan sur la marge anale.
Quand consulter en cas de saignement, de douleur ou de masse anale ?
Il est recommandé de consulter son médecin lorsque le saignement se répète, augmente ou s’accompagne d’une fatigue inhabituelle. Une anémie liée à des pertes sanguines chroniques reste possible, même si elle est moins typique que dans les cancers situés plus haut dans le côlon.
Une consultation est également indiquée en cas de douleur qui ne disparaît pas, de grosseur récente ou de lésion qui ne cicatrise pas. Un amaigrissement involontaire, une modification durable de la forme des selles ou un écoulement inhabituel appellent aussi un examen. L’objectif est d’en déterminer la cause sans attendre une aggravation.
Les hémorroïdes donnent fréquemment du sang rouge, une gêne et parfois une tuméfaction. Toutefois, elles ne doivent pas conduire à attribuer automatiquement tout symptôme anal à une cause bénigne. Seul l’examen clinique permet de distinguer les diagnostics possibles.
| Manifestation | Cause bénigne fréquente | Élément qui mérite une consultation |
|---|---|---|
| Saignement | Hémorroïdes, fissure anale | Répétition, abondance ou persistance |
| Douleur | Fissure, irritation locale | Douleur durable ou aggravation |
| Grosseur | Hémorroïde externe, marisque | Masse dure, ulcérée ou qui augmente |
| Transit modifié | Constipation, diarrhée passagère | Changement du transit intestinal prolongé |
Quels sont les facteurs de risque du cancer anal ?
Les principaux facteurs de risque cancer anal sont liés à une infection persistante par le virus du papillome humain (VPH). Certains types de VPH, aussi appelés HPV selon l’abréviation anglaise, peuvent entraîner des lésions précancéreuses puis cancéreuses au fil des années. La vaccination contre le papillomavirus participe à la prévention de plusieurs cancers associés à ce virus.
Le risque est plus élevé chez les personnes vivant avec le virus de l’immunodéficience humaine, ou VIH, surtout en cas d’immunodépression. Les traitements qui réduisent les défenses immunitaires, après une greffe par exemple, peuvent également favoriser la persistance du VPH. Le tabagisme constitue un autre facteur associé à cette maladie.
Des antécédents de lésions dues au VPH, au niveau du col de l’utérus, de la vulve, du vagin ou du pénis, peuvent conduire le médecin à proposer une surveillance adaptée. Le risque individuel dépend de plusieurs éléments médicaux et ne se résume jamais à un seul facteur.
Comment se déroule le dépistage du cancer de l’anus ?
Le dépistage du cancer de l’anus n’est pas organisé de manière systématique pour la population générale en France. Il peut être envisagé dans des groupes à risque élevé, selon les recommandations locales et l’évaluation réalisée par l’équipe soignante. Cette stratégie vise à repérer des lésions précancéreuses avant l’apparition d’un cancer invasif.
Le parcours peut débuter par un examen de la région anale, complété par un toucher rectal. Selon la situation, le praticien peut proposer une cytologie anale, qui analyse des cellules prélevées localement, ou une anuscopie. L’anuscopie de haute résolution permet d’observer plus précisément la muqueuse du canal anal.
Un médecin traitant peut orienter vers un gastro-entérologue, un proctologue ou une consultation spécialisée. La régularité du suivi dépend des antécédents, du statut immunitaire et des résultats des examens précédents. Le choix d’un parcours coordonné facilite le suivi médical d’un patient lorsque plusieurs professionnels interviennent.
Quels examens permettent de confirmer le diagnostic du cancer anal ?
Le diagnostic cancer anal repose d’abord sur l’examen physique. Le praticien inspecte la marge anale, palpe les zones anormales et examine les ganglions de l’aine. Des ganglions augmentés de volume ne signifient pas toujours une extension tumorale, mais ils font partie des éléments à évaluer.
Une anoscopie ou une rectoscopie peut visualiser la lésion située dans le canal anal. Une biopsie nécessaire pour confirmer le diagnostic consiste à prélever un fragment de tissu. Son analyse au microscope identifie le type cellulaire et précise le caractère bénin, précancéreux ou cancéreux de la lésion.
Si un cancer est confirmé, des examens d’imagerie évaluent son extension locale et à distance. L’imagerie par résonance magnétique du bassin, le scanner ou la tomographie par émission de positons peuvent être utilisés selon la situation. Ces résultats servent à définir le stade et à discuter la prise en charge en réunion de concertation pluridisciplinaire.
Quels sont les traitements du cancer de l’anus ?
Les traitements du cancer de l’anus associent le plus souvent radiothérapie et chimiothérapie. Cette association, appelée radiochimiothérapie, vise à détruire la tumeur tout en préservant le sphincter anal lorsque cela est possible. Le protocole dépend de la taille de la tumeur, de sa localisation et de l’atteinte éventuelle des ganglions.
Une surveillance clinique et radiologique est organisée après le traitement. La réponse tumorale peut se poursuivre plusieurs semaines après la fin de la radiochimiothérapie, ce qui explique le calendrier précis des contrôles. Une chirurgie peut être envisagée si une tumeur persiste ou réapparaît localement.
Les effets indésirables, comme l’irritation cutanée, la fatigue, les troubles du transit ou une douleur locale, font l’objet d’une prise en charge spécifique. L’équipe soignante peut associer oncologue, radiothérapeute, chirurgien, infirmier et professionnel du soutien psychologique. Une consultation rapide en cas de signe anal persistant reste la meilleure démarche pour obtenir un diagnostic fiable et un accompagnement adapté.
